canigo01
Vue hivernale du Canigou

ET COMMENT FRANCHIR LA PORTE DES ETOILES DU BUGARACH ?

Or donc, Bérenger Saunière est supposé avoir découvert des manuscrits chiffrés à l’occasion de travaux dans son église. Je passe outre aux nombreuses suppositions ayant entouré l’origine de ces manuscrits, leur auteur et leur déchiffrement. Toujours est-il qu’après déchiffrement, le « texte clair » du message restait totalement hermétique :

                                                           « BERGERE, PAS DE TENTATION ! QUE POUSSIN, TENIERS GARDENT LA CLEF PAX681. 
                                                           PAR LA CROIX ET CE CHEVAL DE DIEU, J’ACHEVE CE DAEMON DE GARDIEN A MIDI.
                                                           POMMES BLEUES. »

Et, merveille, cette brève poésie cachait un contenu sublime d’intelligence. Pourtant sa tournure énigmatique paraissait impénétrable…

Mais, en y réfléchissant, la bergère pouvait être celle peinte par Poussin dans « Les bergers d’Arcadie », la tentation pouvait être la « Tentation de saint Antoine » peinte par Teniers. Ces deux toiles célèbres appartiennent aux collections du Louvre. Comment aller plus loin, en respectant le sens du texte ? Ici, un subtil exercice mental était proposé aux analystes : il fallait placer par l’esprit la bergère dans la grotte servant d’ermitage à saint Antoine, pour la mettre à l’abri de toute tentation…

L’image de synthèse alors obtenue était une représentation conventionnelle de Marie-Madeleine dans son ermitage de la Sainte-Baume !

 

img11

Bérenger Saunière n’avait pas manqué de confirmer lui-même cette solution, en peignant une Marie-Madeleine à la Sainte-Baume, sous l’autel de son église de Rennes-le-Château. Il avait même mis en place sous ce tableau un bandeau de cuivre (aujourd’hui disparu) reprenant les deux dernières lignes du manuscrit dont nous parlons. Le lien qu’il établissait entre ce texte et Marie-Madeleine était manifeste.

Il restait à comprendre la fin de la phrase : « … gardent la clef PAX681 .» Ne fallait-il pas alors rechercher dans la région tous les endroits parlant de Marie-Madeleine ?

Pour compléter sa recherche de toponymes, l’analyste pouvait à bon droit supposer que PAX, qui veut dire la paix en latin, contenait les éléments graphiques nécessaires et suffisants pour dessiner un chrisme, signature symbolique du Christ.

img12

Cette signature symbolique est composée des lettres grecques P (), X (khi), A (alpha) et
Ω (oméga), permettant de lire ARKHO, « je règne », dans une disposition rappelant Jésus ouvrant les bras et proclamant : « Je suis l’alpha et l’oméga », comme il est écrit dans le livre de l'Apocalypse.
Ce qui conduisait l’enquêteur sur cette piste résidait dans le fait qu’existait une source thermale de la Madeleine à la sortie de Rennes-les-Bains, village proche de Rennes-le-Château, et une grotte de Madeleine dans l’ermitage de Saint-Antoine de Galamus, dans les gorges de l’Agly.

En effet, l’axe unissant ces deux points nous parlant de Marie-Madeleine respectait un angle précis de soixante degrés par rapport à l’axe nord-sud. Cela étant constaté, il était immédiatement logique de compléter le chrisme ainsi ébauché en construisant l’axe symétrique. Cela se faisait grâce à deux points caractéristiques du paysage, pouvant être imaginés comme se rattachant à la symbolique de Marie-Madeleine : le roc Courbatié et la cascade de Fourtou.

Grande surprise, apparaissait alors sur la carte un grand chrisme, parfait dans son orientation cardinale et REPOSANT SUR LE PECH DE BUGARACH. Or, le pech de Bugarach a une altitude de 1230 mètres, soit 681 cannes de Carcassonne, pour utiliser l’unité de mesure régionale en vigueur dans la région, sous l’ancien régime.

La clef PAX681 était ainsi comprise : PAX pour construire un chrisme, et 681 pour l’appuyer sur le Bugarach.

Il restait encore à trouver l’utilité de cette belle figure. Cette question devait se résoudre aisément grâce à la position d’un château fort ruiné – le château du Bézu – à l’ouest précis de ce topogramme : comment ne pas y voir l’alpha de notre chrisme ?

Et ceci fait, toute la démarche ne pressait-elle pas d’aller au point oméga, pour découvrir le grand mystère dont la dissimulation avait justifié pareille démonstration d’astuce et de précision ?

page12

L’endroit correspondant à l’oméga du chrisme se situait sur la petite falaise surplombant le hameau des Baillessats (« roc des corbeaux »), sur la commune de Cubières-sur-Cinoble.


PAGE PRECEDENTE

PAGE SUIVANTE